édito du 23 août 2017

Quelles propositions peux-t-on commencer à avancer ?

Dans mon précédent édito je tentais de tirer quelques enseignements de la situation ouverte par la séquence électorale présidentielle et législative.

 

Aujourd'hui la situation s'est stabilisée et chaque force politique commence à prendre ses marques.

 

Le président Macron et son gouvernement commencent à apparaître pour ce qu'ils sont, par ce qu'ils font, une direction au service du capital contemporain, des plus riches, des actionnaires :

    - coupes drastiques dans les dépenses publiques, en particulier en direction des collectivités

      locales ;

    - remise en cause du droit du travail encore plus profonde que celle effectuée par la loi El Komri ;

    - hausse de la fiscalité indirecte ;

    - suppression de l 'ISF pour les détenteurs de capital ;

    - abaissement du taux d'imposition des sociétés ;

    - augmentation de la CSG ;

    - rétablissement du « jour de carence » pour les fonctionnaires ;

    - blocage du point d'indice des fonctionnaires ;

    - suppression du « compte pénibilité »

    - diminution de 5€ des APL ;

    - … stop, la coupe est déjà bien pleine.

 

Les Républicains cherchent leur voie pour tordre encore plus la politique du gouvernement en direction des intérêts patronaux. Et le FN, numériquement première force d'opposition, s'est rendu inaudible par ses hésitations stratégiques – se rapprocher d'une fraction de LR ou rester isolé-, son incapacité à définir une politique crédible sur l'Europe.

 

Quant à la gauche, les positions s'éclaircissent, un peu. La France insoumise tend à s'autoaffirmer comme la seule opposition de gauche, combinant sectarisme et ignorance de la division en classes de la société. Le PCF (avec la décision courageuse et juste de former son propre groupe à l'Assemblée nationale), EE/Les Verts et les hamonistes commencent à apparaître comme une opposition résolue et construisant une solution gouvernementale. Le PS reste divisé sur l’appréciation de la politique de Macron comme le montre le vote éclaté de son groupe « nouvelle gauche » sur la confiance au gouvernement.

 

Il nous faut affronter deux questions : celle de l'unité de la gauche et celle, en son sein, d'un regroupement dont la cohérence provient d'une orientation commune de rupture tout en maintenant le cap de la volonté de gouverner.

 

L'unité de la gauche est une absolue nécessité si elle veut influer sur le cour de la vie politique. Divisée elle est impuissante, impuissante à influer, impuissante à mobiliser, impuissante à retrouver une crédibilité dans les couches populaires. La posture mélenchonniene de la cohérence avant tout a montré tout au long de l'histoire, en France et dans le monde, son incapacité à faire bouger les choses. Cette unité est aujourd'hui un objectif dont la crédibilité est faible, tant la division issue du quinquennat d'Hollande est profonde. Mais elle reste la seule solution.

 

Au sein de la gauche on peut délimiter trois grandes options que j'ai indiquées plus haut : le social libéralisme incarné par ce qui reste du hollandisme, le sectarisme se proclamant comme seul force de gauche personnifié par Mélenchon, et, la recherche, encore brouillonne mais ayant effectué de grands progrès avec la compagne Hamon, d'une nouvelle gestion de la société impliquant la rupture avec le libéralisme. Cette recherche est en cours dans plusieurs lieux et va sans doute donner des fruits. Il convient en outre de trouver les formes d'une activité commune, de rencontres militantes, de débats communs.

 

L'hégémonie actuelle sur la gauche du courant mélenchonnien ne facilitera pas la réalisation de l'unité, le manque d'élaboration aboutie sera à combler pour progresser dans le rapprochement des courants soucieux d'une rupture pour la gestion gouvernementale, mais les difficultés ne doivent pas empêcher d'entreprendre.

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