Des questions à travailler ensemble.

5 février 2017

Benoît Hamon est maintenant au cœur la campagne présidentielle. Le paysage a changé en quelques semaines : la désignation de Benoît Hamon par la primaire de la gauche et ses initiatives en direction des autres candidats de gauche, les difficultés du côté de la droite avec les graves accusations contre son candidat, la sortie -enfin- d'éléments de programme d'Emmanuel Macron se positionnant de plus en plus à droite. L'issue de la présidentielle n'est pas acquise pour la droite, Benoît Hamon n'est pas hors course.

Il y a quelques questions à travailler dès maintenant sur lesquelles notre candidat n'est pas assez affuté.

Commençons par celle à affiner : le revenu universel. Il y a urgence à préciser les modalités et les rythmes. En tenant compte du fait qu'elle ne doit pas occulter l'indispensable lutte contre le chômage qui passe par une diminution du temps de travail hebdomadaire et tout le long de la vie. Gérard Filoche a travaillé cette question, ses conclusions sont à prendre en considération.

 

Les questions où notre candidat est trop faible sont la crédibilité des mesures et l'Europe.

 

La crédibilité des mesures est une question décisive. Les attaques de Valls tombent juste lorsqu'elles qualifient son programme de rêve. Vouloir gouverner, et nous voulons gouverner, c'est aussi donner des réponses concrètes à la situation concrète. La population ne se satisfera pas de l'évocation de lendemains qui chantent, tout particulièrement les plus atteints d'entre nous par les attaques du capitalisme financier mondialisé. C'est la grande faiblesse de l’extrême gauche aujourd'hui, des propositions de Jean-Luc Mélenchon. Arnaud Montebourg a travaillé cette crédibilité, son apport est à prendre en compte.

 

C'est surtout sur l'Europe que je souhaite vous entretenir aujourd'hui.

 

Remarquons d'abord que c'est là aussi une question de crédibilité. Le gouvernement grec d'Alexis Tsipras s'est heurté à l'hostilité des directions européennes. Il n'avait ni plan B ni soutien de fractions significatives des populations européennes. Il est obligé d'appliquer les mesures imposées par l'Europe qui sont contraires au programme sur lequel il a gagné une majorité de la population. Sortir de l'Europe ne changerait rien car les mêmes difficultés seraient à l’œuvre. Pour appliquer un programme social de réformes tendant à modifier la répartition des richesses en faveur du plus grand nombre nécessite de définir une tactique européenne et de faire progresser le rapport des forces. Sur la question de la tactique européenne beaucoup d'idées sont amenées dans le débat par Arnaud Montebourg. Laissons de coté les caricatures du type « casser la vaisselle », il est indispensable de définir précisément les tactiques à mettre en œuvre. La Grande Bretagne de Thatcher savait taper du poing sur la table sans casser la baraque.

L'autre urgence européenne est la construction d'une convergence entre partis de gauche au niveau européen. La deuxième internationale ne répond pas à cette question, elle joue au parlement et par ses gouvernements à une adaptation à peine sociale des impératifs du capitalisme moderne. Nous avons désespéré de son inexistence face aux aux difficultés de Syriza. Le chemin est long tant nous partons de loin. Deux approches permettent de faire progresser cette convergence :

 - proposer la mise en chantier d'un programme d'approches communes des questions permettant de changer la              répartition des richesses en faveur du plus grand nombre, approches qui soient utilisables dans tous les pays ;

 - la réalisation d'actions communes sur des questions centrales ; par exemple une mobilisation européenne sur une    réduction du temps de travail, chiffrée de manière semblable pour toutes les situations.

 

Le temps de la campagne présidentielle française est un bon tremplin pour avancer sur ces questions. Leur mise en avant est aussi un facteur de mobilisation en faveur de Benoît Hamon.

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