Yanis Varoufakis

Et si nous parlions un peu d'Europe !

En France Emmanuel Macron avance, toujours plus libéral. Mise en cause de l'état social, attaques contre les migrants, posture offensive à l'international mais adoption de la posture libérale pour la construction européenne. La droite s'est convertie à un dirigeant marchant sur les pas de l’extrême droite, y compris par rapport à l'Europe. La gauche se délite chaque jour un peu plus, jusqu'au moment où sera hégémonique, sur une gauche très affaiblie, la structure trop sectaire et souvent Europhobe  de FI.

 

Angela Merkel négocie un gouvernement ne remettant pas en cause l'Europe libérale.

La prochaine échéance sera pour élire les députés européens. La forme que prend actuellement le débat ne risque pas de rendre l'Europe attractive : deux forces opposées, pour des raisons différentes, à l'Europe, le FN et la FI, LR en est proche, d'une part, et, d'autre part les amis d'Emmanuel Macron, avec leur feuille de route libérale de la construction européenne. On peut même estimer que ces propositions politiques concourent à l'éclatement de l'Europe, avec ceux qui y sont favorables d'une part, et d'autre part ceux qui construisent une Europe détestée par la population.

L'avenir de l'Europe libérale n'est donc pas assurée. Au contraire elle porte en elle les germes de son éclatement, tant on ne peut construire une structure qui n'offre aucun intérêt pour les populations concernées, ni avantages matériels, ni utopie. A l'intérieur de ses limites elle tend à dresser les populations les unes contre les autres par l'acceptation du dumping social par exemple ou la construction abracadabrantesque de l'Euro sans direction politique ni possibilité de dévier d'une gestion de l'Euro qui ne sert que l'intérêt du plus puissant économiquement : l'Allemagne ; et probablement seulement à court terme.

 

Mais la dislocation de l'Europe signerait la fin de la possibilité pour chacun des états qui la constituent de jouer le moindre rôle international. La seule zone de notre planète a avoir quelques préoccupations sociales et écologiques disparaîtrait. Pas géniale comme perspective.

Peut-on être pour une autre Europe sans être contre l'Europe ? Déjà lors du référendum de 2005 sur l'adoption du TCE, la plupart des médias assimilait réforme de l'Europe et opposition. Aujourd'hui c'est encore largement le consensus médiatique, mais cette escroquerie intellectuelle tend à diminuer. Des voix de plus en plus nombreuses portent dans les débats la nécessité de réformer l'Europe.

 

C'est dans cette optique qu'il me semble indispensable de proposer une réponse progressiste à la construction européenne. Sans doute, elle ne pourra être tout de suite électoralement majoritaire, mais au moins elle tracera une voie. Sa première préoccupation sera de rompre avec quelques dogmes économiques ayant fait la preuve de leur nocivité, ainsi des 3% maximum du PIB de déficit public, du refus de possibilité de dévaluation, de l'indispensable austérité pour redresser les comptes financiers. De nombreux économistes élaborent des propositions alternatives, tel Thomas Piketty ou Yanis Varoufakis. De nombreux débats existent aussi à gauche sur la question du fédéralisme. Il convient à minima de progresser dans la nécessité de soumettre la politique économique à la délibération démocratique. Plus généralement la question démocratique doit faire parti du débat ; le brexit et l'évolution de la situation catalane le rend plus urgent encore.

 

Il s'agit dès 2018 de travailler ces questions entre forces disposées à réformer l'Europe. Ce sont les courants autour de Piketty/Hamon, Varoufakis initiateur de DIEM 25, les partis communistes (regroupés dans la gauche unitaire européenne/gauche verte nordique) et les forces écologiques. En France il faut travailler à un rapprochement entre le PCF, EE/LV et Génération.s ; des débats communs sur la question européenne sont à l'ordre du jour.

15 janvier 2018

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