Et face à Fillon ? 28 novembre 2016

A ceux qui pouvaient en douter encore, la victoire de Fillon contre Juppé à l'issue de la primaire de la droite indique une évolution du centre de gravité de la droite française vers plus d'ultralibéralisme, plus de rigueur morale, un raidissement sociétal contre les différences, la tentation du retour au catholicisme comme règle comportementale.

 

Tous les acquis de monde du travail vont être remis en cause : les 35 heures et de là toute rémunération des heures supplémentaires -une seule limite légale au temps de travail : 48h/semaine-, augmentation de la TVA, suppression de l'ISF, nouvelle refonte du droit du travail avec priorité à la négociation d'entreprise, retraite à 65 ans et suppression des régimes spéciaux, réforme de l'assurance chômage vers la dégressivité et économie drastique sur la dépense publique...

 

Et aucun des avantages accordés aux grandes entreprises remis en cause, même celui pour la compensation des 35h sera maintenu !

 

Il veut faire vite s'il est élu en mettant en place toutes les réformes à coup d'ordonnances, de votes bloqués et de 49.3.On aurait du s'attendre à un combat clair droite/extrême droite contre gauche. Au lieu de cela la gauche apparaît durablement divisée. Entre celle de gouvernement qui s'est avant tout adaptée au nouvel age du capitalisme en oubliant trop souvent l'interêt des salariés et celle de contestation incapable de présenter une alternative économique crédible. Dans cette volonté de division, c'est aussi l'avenir de la gauche qui est en jeu. La raison voudrait que toutes la gauche se rassemble pour une primaire, de Poutou/Arthaud à Macron. Le résultat d'une telle primaire n'est pas écrit d'avance. Ne pas le faire est la preuve d'un manque de responsabilité qui n'aura qu'une seule issue la victoire du candidat le plus réactionnaire de la droite français depuis la libération, celui qui se revendique de Margaret Thatcher.

Il y a aussi une grande urgence à redéfinir un programme de gouvernement et une utopie pour la gauche ou une partie d'entre elle. Il s'agit de construire des propositions qui permettent de renverser le rapport des forces aujourd'hui complètement en faveur de l'ultralibéralisme, du capitalisme financier mondialisé, de la réaction conservatrice à l'oeuvre dans le monde occidental. Dans un contexte nouveau celui d'une puissance réellement existante l'Union Européenne, tant il est indiscutable qu'aucune de ses composantes ne peut jouer seule un rôle face au capitalisme d'aujourd'hui. C'est une force politique européenne de gauche qu'il faut construire, définie par un programme de redistribution des richesses. Elle aura à inverser le cours actuel d'accumulation continue du capital financier, d'augmentation des inégalités ; des riches de plus en plus riches et une augmentation du nombre de pauvres et de leur pauvreté dans le monde occidental.  Ceux des sociétés nouvelles ne s'enrichissent pas non plus.

 

Des forces et des programmes nationaux n'ont plus aucune crédibilité ; l'expérience grecque démontre que le meilleur programme, les meilleurs acteurs de celui-ci ne peuvent rien face aux dogmes, même les plus irrationnels, de l'UE.

 

Deux impératifs, selon moi, force européenne et élaboration programmatique d'inversion des rapports de force à ce même niveau. La question de l'unité de toute la gauche pourra se poser dans le mouvement de construction mais ne doit pas être un préalable à commencer le travail, à condition bien sûr que l'élaboration programmatique se fasse avec en vue toute la gauche et pas seulement une partie : il serait incongru de définir un programme soit de rupture avec le capitalisme soit de son aménagement au détriment du salariat.

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