Faut-il redouter l'augmentation de la productivité ?

5 février 2017

C'est devenu des rengaines économiques et médiatiques : l'évolution technique diminue le nombre de salariés nécessaires ! Le chômage est devenu une réalité incontournable de notre époque ! La croissance est condamnée à être nulle ou faible !

 

Autant de « vérités » contestables.

 

Certes la croissance doit être maitrisée et ne pas mettre en danger l'humanité et notre planète même. Mais tant qu'il existe des secteurs importants de pauvreté dans le monde et dans nos sociétés développées, il est indécent de décréter l'arrêt de la croissance.

Quant à la productivité, son augmentation n'est pas une nouveauté, c'est même une constante de l'évolution de l'humanité. Elle n'a pas empêché que les périodes de plein emploi soient nombreuses, que la règle soit plutôt le manque de bras pour assurer les tâches indispensables.

Pour se limiter au siècle précédent il est marqué par une augmentation de productivité jamais vue jusqu'alors, que ce soit dans l'agriculture, l'industrie ou les communications. Cette augmentation de productivité bien supérieure à celle de la production et de la population active a entrainé une diminution du temps de travail individuel des producteurs que ce soit à l'échelle de la semaine ou à celle de la vie même. Et c'est tant mieux, cela permet d'avoir du temps collectif et individuel pour toutes les activités non directement productives : loisirs, éducation, formation, culture, liens sociaux, gestion de la cité, activités artistiques, progrès scientifique et technique...

 

Le chômage de masse n'est pas qu'une conséquence de l'augmentation de la productivité et de la limitation de la croissance, il est surtout le résultat de choix économiques et politiques, tendant à faire baisser la part des salaires dans les coûts.

 

Il existe aujourd'hui deux approches complémentaires pour diminuer le temps de travail. D'une part celle de la diminution de la durée de travail hebdomadaire et de l'age de la retraite. Et d'autre part celle du choix de périodes longues de non travail salarié à laquelle correspond la mise en place d'un revenu universel. Ces deux approches doivent s'accompagner d'une progression de la production, de sa différenciation pour des productions socialement utiles préservant la planète. Autrement dit un « développement durable ». Cette diminution du temps de travail se ferait donc, dans ces conditions, sans diminution du revenu du plus grand nombre, tant il est incontestable que le revenu de chacun est finalement la production de tous. Et si quelques produits « indispensables aux plus riches » venaient à manquer, nous ne nous en plaindrons pas. La difficulté résiduelle de cette approche est dans l'équilibre entre les zones de production et celles de consommation. Comme pour beaucoup d'autres questions elle doit se réfléchir en termes européens, c'est en effet à cette échelle que se font la très grandes majorité des échanges. On peut rappeler qu'en 2013, seuls 6,4% des échanges commerciaux de la France se faisaient avec les USA, 6% la Chine et 1,6% le Japon (source : ministère de l'économie et des finances, 14 juin 2014).

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