Lettre de Gérard Bohner aux partis de gauche du Puy de Dôme : 8 mai 2017

Le PCF du Puy de Dôme a organisé une rencontre des partis de gauche du département le 8 mai, ne pouvant être présent j'ai adressé la lettre suivante à ces partis.

Chers amis,

 

Mon premier mot pour saluer votre initiative de faire se rencontrer les organisations de gauche qui vient à point. Etant absent de Clermont cette semaine je ne pourrai être présent à votre réunion de mardi, je le regrette et tente d'y participer par ce courrier.

 

Après un quinquennat calamiteux de François Hollande, nous avons eu une compagne présidentielle hors norme. Et le résultat en est une situation très dangereuse pour les organisations politiques de gauche et de là pour tout le salariat de notre pays :

      27,7% de voix au total pour la gauche (N. Arthaud : 0,64 ; B. Hamon : 6,36 ; JL Mélenchon : 19,58 et P. Poutou 1,09), soit moins du tiers des exprimés ;

      Le PS réduit à un très mauvais score, bien que le candidat issu de la primaire qu'il organisa fut un frondeur qu'EE/LV soutenait ;

      Le PCF en grande difficulté politique, dans une alliance conflictuelle avec Mélenchon ;

      Mélenchon a fait un bon score mais se situe à la tête d'une structure composite et sans fonctionnement collectif et démocratique.

 

Le président élu porte un programme économique libéral qu'il compte faire passer très vite, pour ses principales mesures sociales, par ordonnances. Ces mesures et la manière de les imposer peut permettre un renouveau de mobilisation social, mais là aussi les difficultés sont grandes avec un niveau de mobilisation au plus bas et des organisations syndicales divisées et désorientées.

 

La tâche prioritaire dans cette situation, je suis d'accord avec vous, est de constituer un front uni de la gauche politique. Rien ne se fait de grand lorsque la gauche est divisée. Dans une période de montée de l’extrême droite, l'unité est encore plus indispensable. Ce sera difficile, mais ce n'est pas une raison pour ne pas le tenter.

 

Le périmètre que vous en dessinez : « forces de la gauche de transformation sociale et écologique qui se sont opposées à la politique libérale des gouvernements Hollande-Valls-Macron » me paraît pertinent. Pour être plus précis -ce qui n'est pas indispensable à ce stade- je dirais qu'elle comprend à cette heure la France insoumise et le PG, le PCF et Ensemble, le MRC, la gauche du PS (un temps les frondeurs) et EE/LV. C'est dans la réalité de la lutte politique qu'elle se précisera, le point de cristallisation dès demain sera très probablement le soutien au gouvernement Macron. La ligne de délimitation restera pour longtemps « une nouvelle répartition des richesses au profit des classes laborieuses ».

 

Votre souhait de tenter d'avoir une représentation significative de la gauche de transformation sociale dans la prochaine assemblée est partagé. Mais nous sommes en sommes loin :

      tant les divisions sont fortes

      tant les regroupements inutiles, voire nuisibles, seront difficiles à dépasser (dans le PS par exemple, entre candidats opposés et favorables au soutien à Emmanuel Macron).

 

Il faut voir plus loin que les législatives, en effet un échec, probable, sera un handicap, mais ce qui est en jeu c'est la recomposition de la gauche à terme. Cette tâche prendra de multiples formes :

      rapprochement entre militants et organisations ;

      menée d'actions communes et construction de propositions alternatives contre les mesures de régression sociale du gouvernement mis en place par Emmanuel Macron ;

      mise en chantier d'un programme de gouvernement avec comme axe une nouvelle répartition des richesses, prenant en compte l'évolution de la production sous le capitalisme mondialisé et dominé par la finance ;

      construction d'un rapport de force au niveau de l'Europe par la menée d'actions communes dans le sens d'une Europe plus sociale et démocratique, par le souci de l'élaboration d'un programme européen et de combats communs pour des objectifs unificateurs.

 

Sur tout ces points les divergences dans la gauche de transformation sociale sont importantes. Elles ne permettront pas, ce n'est pas un drame, une organisation unique. Mais ils devront être débattus sereinement et en toute connaissance des enjeux : la nécessité de reconstruire à terme la gauche, de faire qu'elle compte dans les affrontements de classe à venir.

 

Gérard Bohner

8 mai 2017

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