Augmenter la participation au second tour de la primaire de la gauche.

Assurer une large victoire à Benoît Hamon.

23 janvier 2017

Comme pour la primaire entre les droites, cette consultation modifie le paysage politique, et ce dès son premier tour.

 

Il y a eut une participation importante quoi qu'en disent les éditorialistes de droite. Ceci montre que la notion de primaire est entrée dans les habitudes aussi bien à droite qu'à gauche. La moindre participation à gauche vient du fait que pour cette dernière il était difficile de considérer qu'il s'agissait du choix du futur président tant il a été répété que la gauche ne serait pas au second tour de la présidentielle. Ce qui est certes le plus probable mais jamais joué tant que l'élection n'a pas eu lieu.

D'ors et déjà la recomposition de la gauche prend de nouvelles formes. Il est clair que le PS est nettement et clairement divisé entre sa droite libérale représentée par Valls et sa gauche de transformation sociale représentée par Hamon. Le centre, en l'absence d'Hollande et vu le poids de Peillon est nettement dans les choux. Ce dernier ne trouve pas de consigne de vote à donner pour le second tour !

 

Le dernier évenement de ce lundi 23 janvier est l'appel à voter Hamon de Martine Aubry !

 

Valls qui se prétend « gauche de gouvernement », a un bilan si calamiteux qu'il a été obligé de se présenter comme en rupture avec « Valls au gouvernement » lors du premier tour de la primaire. Cette orientation est probablement maintenant minoritaire dans l'électorat de gauche. Il est peu probable qu'elle sorte victorieuse du second tour de la primaire de la gauche.

 

Le score d'Hamon + Montebourg place la gauche du PS en position favorable pour le second tour.

Hamon est en position d'être le candidat issu de la primaire ce qui change la donne de la présidentielle. On ne peut exclure aujourd'hui, comme le font beaucoup de commentateurs, que la campagne qui va s'ouvrir lundi 30 janvier ne rebatte profondément les cartes en posant beaucoup de nouveaux problèmes à ceux qui sont aujourd'hui regroupés derrière Mélenchon ou EE/LV.

 

Plus il y aura de votants au second tour de la primaire de la gauche plus la position de son vainqueur sera forte pour affronter la présidentielle.

 

Mais le plus probable est, qu'au contraire, la profonde division de la gauche, savamment entretenue par Mélenchon et peut être demain par Valls ne fasse le jeu de Macron qui profite déjà de l'espace laissé au centre droit par Fillon. Macron est aujourd'hui en bonne position pour être au second tour, voire élu.

 

L'effet le plus important de cette primaire est d'ouvrir sous un nouvel angle la recomposition de la gauche. Hamon, et Montebourg également, sont au coeur de sa recomposition. Ni EE/LV, ni le PC, ni même Mélenchon et ses amis, ne peuvent faire comme si le PS était définitivement le parti d'Hollande et Cambadélis. La posture de Mélenchon (du PC derrière) et des Verts de considérer que tout passe par eux est devenue intenable. 

 

Au contraire le centre de la recomposition est (re)devenu la gauche du PS. Elle est plus riche de propositions politiques et surtout elle ne joue pas la division, mais au contraire est porteuse de la proposition unitaire. Mélenchon pourra toujours répéter qu'elle n'existe pas, c'est devenu contraire aux faits.

 

Après ce week end, et sans doute encore plus nettement après le prochain si la mobilisation électorale s'amplifie, la gauche, même si elle joue les utilités lors de la présidentielle, n'est pas morte. Sa recomposition est maintenant dans les faits à l'ordre du jour, et la gauche du PS en est le pôle le plus dynamique et le plus unitaire.

 

Les deux questions prioritaires à traiter sont celles du programme économique qu'elle doit porté d'une part, et d'autre part celle de la construction d'une gauche européenne.

 

La question du programme économique ne se pose plus dans les mêmes termes qu'à la fin des années 70 (époque du programme commun de la gauche). Le capitalisme s'est profondément transformé avec l'hégémonie du capitalisme financier et sa mondialisation. Le salariat est certes devenu majoritaire mais s'est aussi profondément divisé au niveau international (surexploitation dans les pays émergents) comme au niveau national (suivant les qualifications et la taille des entreprises). L'unité géographique est devenue l'Europe, toute pensée économique qui en fait l'impasse est inopérante. Et pour complexifier le travail nous sommes dans une révolution industrielle qui diminue et transforme le temps de travail nécessaire. Ces données nouvelles commencent à être prises en compte, mais le travail est loin d'être achevé.

 

L'autre chantier est celui de l'Europe. L'exemple grec est à prendre en compte. Syriza est dans l'impossibilité d'appliquer son programme du fait de l'environnement européen, il n'y a eu aucun mouvement significatif de solidarité de pays ou de minorités de pays à son projet. Il est indispensable de construire une gauche européenne. Cela passe par des initiatives revendicatives communes et la recherche de convergences programmatiques.

 

Il est indispensable d'assurer la victoire d'Hamon à la primaire et, en parallèle à la campagne présidentielle, il faut continuer à mener les chantiers de l'approfondissement programmatique et de la construction de la gauche européenne.

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